Récit de changement: Contribuer à la planification d’infrastructures résilientes aux changements climatiques à Beira, au Mozambique

Publié

Rédigé par Eduardo Mondlane University (UEM), ICLEI Africa, Beira Municipality

Qu’est-ce qui a changé?

À Beira, une ville côtière du Mozambique, le projet « INACCT Resilience » a fourni à l’administration municipale une base de données solide et actualisée, destinée à éclairer l’élaboration de ses « Planos de Pormenor » dans les quartiers ciblés par INACCT. Une fois le financement obtenu, ces outils de planification détaillés à l’échelle des quartiers permettront de traduire les stratégies municipales de résilience plus générales en actions locales ciblées, axées sur la réduction des vulnérabilités spécifiques aux inondations, l’amélioration des routes et du drainage, la régularisation du régime foncier et le respect des normes de construction sécuritaires. Il est essentiel de noter que le fait de disposer déjà de ces données coproduites offre à la municipalité une base objective pour solliciter activement le financement nécessaire à la mise en œuvre et à l’extension de cette approche inclusive.

Alors qu’auparavant, les fondements de ces plans reposaient sur des évaluations municipales génériques et descendantes, cette nouvelle base de données a été élaborée conjointement avec les membres de la collectivité, les organismes communautaires et d’autres intervenants locaux à Ndunda, Alto da Manga et Mungassa. Ce processus collaboratif a permis de cerner avec succès les lacunes concrètes et très localisées, telles que les besoins précis en matière de ponts, d’abris d’urgence et de réseaux de drainage ciblés, auxquels l’urbanisme doit répondre afin de renforcer la résilience face aux chocs climatiques là où la vulnérabilité est la plus grande.

« Les contributions les plus importantes à ce projet sont venues des collectivités locales, car elles savaient quelles zones étaient régulièrement inondées. »

– Entrevue avec un partenaire technique de la municipalité de Beira, dans le cadre de l’évaluation du programme CLARE

Pourquoi est-ce important ?

Les données sur les risques d’inondation sont particulièrement efficaces lorsqu’elles s’ancrent dans les réalités locales, qu’elles rejoignent les personnes les plus exposées aux risques climatiques et qu’elles inspirent la confiance nécessaire pour susciter l’action. Le recours à des données localisées et élaborées conjointement permet aux « Planos de Pormenor » d’éviter de devenir de simples instruments de planification génériques, et garantit ainsi que les vulnérabilités et les priorités spécifiques des résidents soient prises en compte. Ces plans de quartier détaillés s’ancrent dans le contexte réel des risques et répondent à la fois aux besoins actuels et futurs des résidents.

Cela revêt une importance particulière à Beira, où une grande partie de la ville se trouve au niveau de la mer ou en dessous, le long d’un delta fluvial, et est de plus en plus exposée à des risques climatiques tels que les inondations dues à l’intensification des cyclones tropicaux, les ondes de tempête, les fortes pluies et l’érosion côtière. Par ailleurs, environ 70 % de la population de Beira, qui compte plus de 600 000 habitants, vit dans des quartiers informels en pleine expansion, qui font face à des besoins en infrastructures particuliers et insuffisamment documentés face à ces facteurs de stress liés au climat.

En collaborant directement avec la municipalité et les communautés concernées, l’approche de recherche de l’INACCT a permis de mettre en évidence à la fois les spécificités locales nécessaires au renforcement de la résilience de ces quartiers et d’instaurer la confiance relationnelle indispensable pour garantir que ces données soient prises en compte par les décideurs.

Quelle a été la contribution de CLARE ?

En collaborant directement avec les autorités municipales et les organismes communautaires des quartiers de Ndunda, Alto da Manga et Mungassa, l’équipe de l’INACCT a recueilli des données à l’échelle des quartiers qui ne peuvent être obtenues uniquement par des évaluations menées de haut en bas. L’équipe de recherche a mené des groupes de discussion, une enquête socio-économique sur la vulnérabilité au climat, des ateliers de cartographie participative et une vérification sur le terrain des données satellitaires et municipales relatives aux risques d’inondation. L’INACCT a également contribué à l’amélioration des cartes d’évacuation communautaires, à la mise à l’épreuve de scénarios de risques d’inondation et à la validation par la communauté des données de télédétection par rapport à l’expérience vécue. Surtout, grâce à une collaboration avec le projet REPRESA mené au Mozambique par l’Université Eduardo Mondlane (UEM), des séances conjointes de « laboratoire d’apprentissage » ont été organisées pour mettre en pratique les résultats de la recherche climatique, coproduire des récits climatiques localisés et évaluer les systèmes d’alerte précoce communautaires. Un exercice de « photovoice », au cours duquel les membres de la communauté ont eux-mêmes documenté les risques climatiques par la photographie, a produit certaines des images les plus directes illustrant comment les inondations et les défaillances des infrastructures sont réellement vécues par les résidents des quartiers informels.

Participants au laboratoire d’apprentissage INACCT-REPRESA Beira s’adonnant à un exercice de modelage avec de la pâte à modeler sur les alertes précoces en cas d’inondation (Crédit photo : Nicolas Gate, INACCT Resilience)

Au cœur de cette recherche figurait une volonté délibérée de renforcer les capacités des partenaires municipaux et communautaires de Beira, ainsi que d’intégrer une approche axée sur l’égalité entre les sexes et l’inclusion sociale (GESI) tout au long du processus. Afin de mettre ces capacités en pratique, un atelier de formation pratique sur les systèmes d’information géographique (SIG), les données ouvertes et la cartographie des risques urbains a été organisé par l’UEM et l’Université du KwaZulu-Natal, à l’intention des fonctionnaires municipaux, des responsables de la réduction des risques de catastrophe et des universitaires. En impliquant directement dans la recherche les personnes les mieux placées pour utiliser et tirer parti des données probantes, l’INACCT a non seulement généré des connaissances nouvelles et plus inclusives, mais a également renforcé les capacités à mettre ces données en pratique, notamment par le biais de la Planos de Pormenor.

L’équipe de l’INACCT et la communauté d’Indunda élaborent conjointement des cartes de risques mises à jour (Crédit photo : Nicolas Gate, ICLEI Afrique)

À propos de l’INACCT

Le projet «INACCT Resilience » intervient dans des villes côtières du Mozambique et de l’Afrique du Sud afin d’aider les municipalités et les communautés vulnérables vivant dans des quartiers informels et des zones inondables à concevoir conjointement des stratégies de résilience inclusives et tenant compte des questions de genre et l’inclusion.

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