Récit de changement : renforcer l’impact de l’adaptation grâce à des capacités accrues de médiation des connaissances
Publié
Rédigé par Adéle Hosken, Xoliswa Ndeleni, Suzanne Carter et Lucia Scodanibbio
Qu’èst-ce qui a changé?
Des membres de la communauté CLARE mettent en œuvre de nouvelles techniques de médiation des connaissances dans le cadre de leurs travaux de recherche axés sur l’impact, après avoir participé à un atelier organisé par CLARE. L’une des stratégies fondamentales pour garantir l’impact à long terme de CLARE consiste à veiller à ce que les connaissances et les données générées soient prises en compte et mises en pratique afin de renforcer la résilience des communautés vulnérables. La médiation des connaissances est un mécanisme essentiel pour atteindre cet objectif, c’est pourquoi CLARE a organisé un atelier consacré à ce sujet.

Crédit photo : ACTS
Organisé en mai 2024, l’atelier sur la médiation des connaissances a été animé par le Pôle de recherche porteuse d’impact (Pôle RPI) de CLARE, en collaboration avec le Climate and Development Knowledge Network et le Pôle de renforcement des capacités de CLARE.
« La médiation des connaissances est le processus qui consiste à transformer les connaissances en actions concrètes, dans le cadre duquel les médiateurs de connaissances mettent en relation les producteurs et les utilisateurs de connaissances afin de faciliter la production, la diffusion et, à terme, l’utilisation de ces connaissances. » – Climate and Development Knowledge Network
Les participants interrogés huit mois après l’atelier ont indiqué qu’ils adoptaient désormais une approche plus réfléchie dans la conception et l’animation des interactions avec les parties prenantes. Ils s’appuient sur un large éventail d’outils et d’approches découverts lors de l’atelier et adaptent ces méthodes à leur contexte. Les résultats des enquêtes menées après l’atelier ont montré que 77 % des participants avaient mis en pratique les connaissances acquises lors de l’atelier, ce qui témoigne de réels changements dans leur compréhension et leur approche de la médiation des connaissances.

Crédit : Roy Bouwer

Crédit : Adéle Hosken

Crédit : Roy Bouwer
Les participants ont notamment indiqué que, depuis l’atelier, ils utilisaient divers outils et approches qui leur étaient nouveaux, notamment le jeu de cartes « All hands-on deck », la cartographie des parties prenantes et l’analyse des réseaux sociaux, ainsi que les principes de conception issus d’une session sur la co-création. Ils ont relevé des changements dans la manière dont ils mènent les processus de co-création, notamment en accordant davantage d’importance à la planification et à la mise en œuvre conjointes des activités, en communiquant mieux sur les attentes et en accordant une attention accrue à la compréhension du contexte et des interactions sociales.
« Mon approche de la gestion d’un processus de co-création a évolué. J’ai constaté des progrès dans la promotion d’une participation plus inclusive, en veillant à ce que les points de vue de la communauté soient pris en compte au même titre que les contributions des universitaires et des professionnels. De plus, j’ai adopté des techniques d’animation plus structurées, une définition plus claire des objectifs et des boucles de retour d’information itératives afin de renforcer la collaboration et le sentiment d’appropriation parmi les parties prenantes. »
– Participant à l’atelier
Un exemple tiré du projet SURF-IT
Un participant a souligné que l’équipe SURF-IT avait adapté son approche de mobilisation des parties prenantes dès la fin de l’atelier consacré à la médiation des connaissances. Forte d’une meilleure compréhension de l’importance de la collaboration avec des parties prenantes diverses, elle joue désormais un rôle d’intermédiaire afin de faire le lien entre les niveaux d’engagement local, régional et national, dans le but d’orienter l’élaboration et l’utilisation de prévisions, fondées sur l’impact, des niveaux de marée haute dans les zones côtières du Bangladesh.
Avant de participer à l’atelier, l’équipe SURF-IT avait généralement rencontré différents groupes de parties prenantes dans le cadre de rencontres bilatérales. À l’issue de l’atelier de la médiation des connaissances, SURF-IT a modifié son approche afin de réunir pour la première fois quatre départements nationaux clés chargés de la prise de décision au Bangladesh (le Conseil pour le développement de l’eau, le Conseil du service météorologique, le Département de la gestion des catastrophes et le Programme de préparation aux cyclones). Ces départements échangent désormais régulièrement sur les enseignements tirés et les défis rencontrés, et coordonnent leurs actions lors de réunions semestrielles. Il s’agit d’une première étape visant à étendre le modèle de prévision des ondes de tempête de SURF-IT de 2 à 19 districts côtiers du Bangladesh, garantissant ainsi la pérennité à long terme de l’intervention.
Un exemple tiré du projet SUCCESS
Un participant de Integrated Mountain Development (ICIMOD) au Népal a considérablement renforcé sa capacité à mettre en œuvre les outils et approches de médiation des connaissances dans le cadre du projet SUCCESS à la suite de l’atelier sur la médiation des connaissances. À partir d’août 2024, ce participant a intégré les outils issus de cet atelier dans les activités de mobilisation des parties prenantes et de formation menées lors d’un atelier de planification prospective organisé par l’ICIMOD et ses partenaires. On peut citer, à titre d’exemple, l’intégration des principes de l’analyse des réseaux sociaux afin de permettre un examen plus approfondi des relations et des schémas de communication entre les parties prenantes à tous les niveaux de gouvernance.




Crédit : ACTS
Pourquoi est-ce important ?
Ces changements sont importants car la manière dont les connaissances en matière d’adaptation au changement climatique sont diffusées détermine directement qui participe à la prise de décision, quelles connaissances sont valorisées, et si les mesures d’adaptation sont inclusives et durables.
L’engagement explicite de CLARE en faveur de la recherche pour l’impact (R4I) reconnaît l’importance d’adopter, dans le cadre de la recherche sur l’adaptation au changement climatique, des approches qui impliquent véritablement les personnes les plus touchées par le changement climatique, ainsi que celles qui sont en mesure d’agir pour y remédier. L’atelier sur la médiation des connaissances a permis aux équipes du projet CLARE d’être mieux outillées pour y parvenir ; les changements apportés à la manière dont ces équipes mènent leurs recherches à la suite de cet atelier constituent donc une étape cruciale vers la réalisation de leur objectif commun : favoriser l’adoption et la mise en œuvre de solutions d’adaptation au changement climatique socialement inclusives.
Cet atelier a également permis de tisser des liens précoces entre les équipes du projet CLARE de différentes régions, favorisant ainsi les opportunités de collaboration continue et d’apprentissage partagé. Les changements observés dans les pratiques depuis lors démontrent que cet atelier a renforcé la capacité des chercheurs à adopter des approches plus inclusives et mieux adaptées au contexte local dans le cadre de la recherche sur l’adaptation au changement climatique.
Quelle a été la contribution de CLARE ?
Les chercheurs et les professionnels ayant participé à l’atelier ont découvert de nombreux concepts nouveaux, tandis que les exercices interactifs et les moments de réflexion leur ont fourni des pistes pour reproduire ce type d’approche dans leur propre travail. Ces approches leur ont donné de nouvelles idées pour interagir plus efficacement avec les parties prenantes, gérer consciemment les rapports de force et rendre les événements plus dynamiques.
L’atelier comprenait six modules clés : qu’est-ce que l’intermédiation des connaissances ? ; pourquoi le contexte est-il important ? ; la co-création ; la transposition et la communication des connaissances ; combler le fossé entre les connaissances et l’action ; la réflexion et l’apprentissage. Des compétences telles que la cartographie des parties prenantes et l’élaboration de communications ciblées ont été particulièrement appréciées par les participants. Beaucoup souhaitaient aller au-delà des modes d’engagement purement consultatifs pour s’orienter vers une véritable co-création. Des jeux de rôle ont permis de mettre en évidence les défis rencontrés dans le cadre de projets et ont offert une vision plus concrète du déroulement d’un processus de co-création.
Les participants ont apprécié l’atelier et ont fait part de leurs commentaires très positifs quant à sa grande qualité, à la pertinence des informations fournies et à son caractère pratique.

Le partenariat avec le CDKN pour la conception de l’atelier a permis de tirer parti de l’investissement réalisé dans le cadre du programme StepChange afin de soutenir le renforcement des capacités en matière de diffusion des connaissances.
Autres ressources :
- CDKN blog: Knowledge for change – learning about knowledge brokering
- CLARE Blog: Engaging communities through puppetry reflections from CLARE’s knowledge brokering workshop
- CLARE Blog: Bridging the gap – insights from the knowledge brokering workshop
- CDKN Story: How do we surface and address power dynamics more inclusive and equitable co-creation processes (also reposted on CLARE website)
- CDKN story: Reflecting as we go – Lessons from designing and delivering CDKN’s knowledge brokering workshops
Notes de bas de page :
- Les participants ont été interrogés une deuxième fois afin de déterminer comment les connaissances et l’expérience acquises au cours de l’atelier avaient été mises en pratique.
- C’est ce que montre une enquête réalisée immédiatement après l’atelier.
À propos du pôle de renforcement des capacités (CS) de CLARE :
Le Pôle de renforcement des capacités (CS Hub), qui fait partie du programme CLARE, soutient l’initiative CLARE dans son objectif de renforcer les capacités, de la recherche à l’action, en faveur d’un développement durable et résilient face au changement climatique. Hébergé par le Centre africain d’études technologiques (ACTS) et PlanAdapt, le CS Hub travaille en étroite collaboration avec les projets CLARE afin de renforcer les capacités en matière de recherche sur l’adaptation au changement climatique et la résilience, tant au niveau des individus que des organisations et des réseaux. Le Pôle propose un accompagnement sur mesure et adapté aux besoins, en ligne ou en présentiel, aux chercheurs, aux praticiens et au personnel des projets, par le biais de divers moyens tels que des formations, des services d’animation et de conseil.
À propos du pôle CLARE « Research for Impact » (R4I) :
Le pôle « Research for Impact » (R4I) de CLARE favorise l’exploitation des résultats de la recherche existante afin qu’ils soient mieux compris et utilisés dans des contextes décisionnels qui répondent aux besoins et aux priorités locaux en matière d’adaptation. Le pôle R4I a été lancé lors de la COP28 afin de soutenir l’ensemble des projets de recherche de CLARE – ainsi que les projets issus d’investissements antérieurs du Royaume-Uni et du Canada dans la recherche – dans le but de permettre une utilisation plus large de ces connaissances dans les pays d’Afrique et de la région Asie-Pacifique.
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