Récit de changement: Renforcer la gestion des eaux souterraines à Dodoma grâce aux données sur la profondeur des puits de forage

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Rédigé par CLARITY Dodoma T-Lab

Qu’est-ce qui a changé?

En Tanzanie, les responsables municipaux de la ville de Dodoma s’appuient sur les résultats du projet CLARITY pour encourager les utilisateurs d’eau à améliorer leurs stratégies de gestion des eaux souterraines face à un stress climatique croissant. L’Office de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement de la ville de Dodoma (DUWASA) et le Conseil de gestion des eaux du bassin de Wami Ruvu (WRBWB) ont intégré les conclusions des recherches menées dans le cadre du projet CLARITY afin de dissuader les ménages et les autres utilisateurs d’eau de forer des puits de plus en plus profonds à la recherche d’eaux souterraines de plus en plus difficiles à trouver.

En se fondant sur les données de forage recueillies par le T-Lab de Dodoma, l’équipe CLARITY, en collaboration avec ses partenaires du ministère de l’Eau, a démontré que les débits des puits au-delà d’une profondeur de 125 m sont faibles (<10 m3 par heure); les débits les plus élevés (optimaux) dans la ville de Dodoma et les districts voisins se situent entre 60 et 120 m de profondeur. Les responsables du WRBWB ont commencé à intégrer ces informations lors de la délivrance des permis d’utilisation des eaux souterraines pour les autorisations de forage. Bien que les politiques du WRBWB n’imposent aucune restriction quant à la profondeur de forage, le fait de fournir aux titulaires de permis des conseils verbaux fondés sur des données probantes permet aux foreurs et à ceux qui font appel à leurs services de prendre des décisions mieux éclairées quant à l’intérêt de forer plus profondément.

Ce changement dans la mise en œuvre de la politique pourrait renforcer la sécurité hydrique de la région de Dodoma dans un contexte de changement climatique, tout en aidant les utilisateurs d’eau à éviter les forages excessifs et coûteux qui risquent de compromettre davantage l’approvisionnement en eau et d’augmenter inutilement leurs coûts de forage.

Crédit photo : Dodoma T-Lab, CLARITY

Pourquoi est-ce important ?

Ce changement dans la mise en œuvre de la politique pourrait renforcer la sécurité hydrique des 1,8 million de citoyens desservis par la DUWASA à Dodoma et dans les districts environnants, s’il est appliqué de manière cohérente et durable.

Cette meilleure compréhension des données accumulées concernant les profondeurs optimales permettant d’obtenir un rendement maximal des puits dans les systèmes aquifères de roches cristallines fortement altérées de la région de Dodoma contribuera à renforcer la sécurité hydrique à Dodoma, qui dépend entièrement des ressources en eaux souterraines et qui est actuellement confrontée à des précipitations moins prévisibles ainsi qu’à un risque accru de canicule et de sécheresse. La capacité de stockage limitée des aquifères rocheux durs sous-jacents à Dodoma et son climat de zone aride font que les périodes de faibles précipitations et d’évaporation élevée peuvent entraîner une baisse rapide du niveau de la nappe phréatique. Les puits peu profonds courent un risque accru de s’assécher lors de sécheresses prolongées, et le creusement de puits multiples peut épuiser l’humidité de la zone aquifère supérieure dont dépend l’ensemble de la région. Par ailleurs, le prélèvement concurrentiel à partir de puits profonds, au-delà de ce qui peut être renouvelé, peut entraîner un épuisement rapide des sources d’eau souterraine dans une « course vers le bas », les propriétaires de puits individuels cherchant à exploiter des ressources en eau souterraine de plus en plus rares en forant plus profondément.

En s’appuyant sur les données issues du projet CLARITY pour promouvoir des pratiques d’extraction des eaux souterraines plus durables, le WRBWB et la DUWASA contribuent à préserver l’approvisionnement en eau pour les utilisateurs actuels et futurs.

Crédit photo : Dodoma T-Lab, CLARITY

Quelle a été la contribution de CLARE ?

Les membres du « Dodoma Transformation Lab » (T-Lab) du projet CLARITY, qui regroupe notamment des représentants de l’Université d’agriculture de Sokoine et du Centre d’excellence sur les ressources en eau du gouvernement national, ont identifié un besoin de données probantes afin de prévenir le forage non durable et coûteux des nappes phréatiques et d’éviter ce qu’on appelle la « course vers le bas » menant à l’épuisement des nappes phréatiques. En réponse, ils ont collaboré pour repérer les zones où les eaux souterraines se raréfient, cartographier les zones de recharge potentielles et proposer des stratégies de rechange visant à favoriser une gestion plus durable des eaux souterraines. Dans le cadre de ces travaux, l’équipe de CLARITY a entrepris un suivi systématique et une modélisation des ressources en eaux souterraines de Dodoma.

Le partenariat de recherche de l’équipe CLARITY avec le Centre d’excellence en ressources hydriques, établi dans le cadre du T-Lab, ainsi que les relations qu’elle avait nouées avec la DUWASA et la WRBWB, ont apporté confiance et crédibilité lorsque l’équipe a présenté à la DUWASA ses recommandations concernant la profondeur optimale des forages.

Crédit photo : Dodoma T-Lab, CLARITY

À propos de CLARITY

Le projet CLARITY organise des laboratoires de transformation au Sahel (région de Maradi au Niger et au Nigeria), dans les zones arides du centre de la Tanzanie (Dodoma) et dans la péninsule indienne (Chintamani-Chikkaballapura et Raichur). L’équipe du projet travaille avec les collectivités pour évaluer les pratiques de gestion de l’eau, élaborer des modèles de trajectoires plausibles et intégrer les résultats de la recherche dans les politiques et les pratiques à plus grande échelle.CLARITY combine une participation inclusive des parties prenantes à des techniques novatrices de modélisation et de mesure afin de synthétiser les connaissances existantes et d’identifier des innovations prometteuses pour améliorer la résilience climatique dans les zones arides tropicales.

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