Adaptation aux changements climatiques : pourquoi une recherche inclusive et équitable est importante

/

Pour être véritablement transformatrice, la recherche sur l’adaptation aux changements climatiques ne vise pas seulement à aider les collectivités à s’adapter aux défis d’un climat changeant, elle doit également changer l’organisme qui a le pouvoir de décider comment le faire.

Par exemple, des inondations en provenance du Burkina Faso atteignent chaque année le bassin de la Volta blanche au Ghana. Jumelées aux sécheresses dans la région, elles mettent en péril le bien-être des communautés qui dépendent de l’agriculture pluviale. Et bien que ces membres de la communauté détiennent des connaissances autochtones précieuses sur les pratiques agricoles résilientes, leur pouvoir décisionnel est souvent insuffisant, tout comme leur accès à des intrants agricoles en temps opportun, une situation aggravée par les défis de la pauvreté chronique.

De plus, les femmes sont particulièrement touchées, y compris celles qui sont davantage marginalisées en raison d’identités croisées telles que l’origine ethnique, l’âge ou l’état matrimonial, ce qui s’explique par des facteurs comme une propriété foncière limitée, une lourde charge de travail et des normes profondément ancrées qui restreignent leur inclusion dans la prise de décision et la mobilité. Mais le projet PALM-TREES est en train de changer la donne. Les équipes de recherche ont travaillé en étroite collaboration avec les communautés pour augmenter le nombre et la durabilité des associations villageoises d’épargne et de crédit, qui peuvent intervenir pour demander des prêts à court terme afin d’investir dans les intrants agricoles, les petites entreprises ou les besoins des ménages. Sous la direction active de femmes, 37 de ces associations existent désormais dans neuf communautés, permettant à plus de 1 000 membres – dont plus de 75 % sont des femmes – d’épargner, d’accéder au crédit et d’investir dans une agriculture adaptée au climat et dans des moyens de subsistance alternatifs.

Comprendre qui est touché et comment

Les changements climatiques touchent de plus en plus, et de manière disproportionnée, les personnes les plus vulnérables du monde, en particulier les femmes, les filles et les communautés marginalisées. Ils ont également des répercussions distinctes sur ces personnes en fonction de leurs identités croisées, comme le sexe, l’âge, les capacités, la classe, l’origine ethnique et l’autochtonie. Pour garantir l’efficacité des solutions climatiques, il faut aider les divers membres des communautés vulnérables à s’engager dans la conception de solutions qui auront un impact sur leur vie.

Accent mis sur la résilience socialement inclusive

Le programme CLARE vise à permettre une action socialement inclusive et durable afin de renforcer la résilience aux changements climatiques et aux risques naturels pour les populations des pays du Sud. Depuis sa création, CLARE s’est efforcé de mettre au premier plan les considérations sur l’égalité des genres et l’inclusion sociale, dans le but de réduire les obstacles pour les populations vulnérables tout en faisant participer ces groupes en tant que décisionnaires et parties prenantes clés. Chaque projet financé par CLARE démontre une approche crédible pour comprendre et répondre aux besoins différentiels des populations tout en intégrant des approches inclusives à chaque étape du cycle de vie du projet.

Tous les projets financés dans le cadre de CLARE ont un engagement continu en faveur de l’inclusion et de l’égalité des genres (IEG) dans tous les aspects pertinents du travail. Cela signifie généralement qu’ils

  • impliquent de manière concrète les membres de la communauté dans la co-création et la co-conception;
  • visent à positionner les membres des populations vulnérables en tant que décisionnaires qui détiennent du pouvoir;
  • favorisent les partenariats avec des organisations de défense des droits et axées sur l’action, notamment des organisations non gouvernementales, des organisations communautaires et des groupes de défense des droits des femmes.

Cette collaboration redéfinit la façon dont la recherche est menée avec plutôt que sur les communautés les plus difficiles à atteindre, qu’il s’agisse de celles qui vivent dans des établissements informels, des communautés pastorales, des zones rurales ou d’autres milieux.

Qu’est-ce qui rend un projet transformateur?

Les projets qui visent à modifier les relations de pouvoir et à modifier les normes sont considérés comme transformateurs de l’IEG. Ils se concentrent sur les causes profondes de l’inégalité, qu’il s’agisse d’inclure les hommes dans la planification afin qu’ils adoptent des solutions d’adaptation pour les femmes dans leurs ménages, ou d’explorer les modèles et les expériences de migration au sein des ménages et des communautés pour comprendre les rôles changeants et les compromis qui se produisent dans ces scénarios. Les projets transformateurs s’efforcent de rendre l’invisible visible : ils sont un élément essentiel de la contribution de CLARE au changement, car ils examinent, remettent en question et construisent une base de données probantes pour s’attaquer aux causes sous-jacentes des inégalités.

Voici quelques autres exemples de la façon dont CLARE fait progresser l’IEG dans le contexte de l’adaptation aux changements climatiques :

Projet SUCCESS

Les équipes SUCCESS et CLAPs redéfinissent la migration comme stratégie d’adaptation au Bangladesh, au Bhoutan, au Népal et en Inde. Elles explorent diverses options : réinstallation planifiée, migration pour les moyens de subsistance ou maintien dans les communautés rurales. Grâce à des partenariats avec des ONG, elles mettent en œuvre des interventions adaptées au contexte pour favoriser une mobilité, ou une immobilité, sûre et digne.


Projet RURBANISE

Aux Philippines, l’équipe du projet RURBANISE travaille avec les habitantes et habitants des quartiers informels pour coproduire des mesures pratiques d’adaptation aux changements climatiques, en particulier face à des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses comme les typhons.


Projet WOSFER

L’équipe derrière le projet WOSFER en Ouganda permet aux petites agricultrices d’adopter des pratiques agricoles intelligentes face aux changements climatiques et des innovations numériques adaptées aux femmes, tout en travaillant avec la communauté et les responsables des politiques sur un changement systémique vers l’égalité des genres et l’inclusion.


Projet PALM-TREES

En plus de mettre en place des caisses villageoises d’épargne et de crédit, le projet PALM-TREES analyse les liens entre le stress causé par les changements climatiques, les conflits et les violences sexospécifiques et conjugales. Avec les communautés, l’équipe développe des outils de plaidoyer destinés notamment aux acteurs municipaux afin d’identifier et de remettre en question les causes profondes de ces conflits.

Ces histoires nous rappellent que les gens subissent les chocs climatiques de diverses manières, et la recherche qui vise vraiment à renforcer la résilience doit être fondée, dès le début, sur un engagement en faveur de l’égalité et de l’inclusion. Cela a aidé les équipes de recherche de CLARE à obtenir des impacts transformateurs lorsqu’il s’agit de changer les normes culturelles, de renforcer la résilience climatique et de garantir que les solutions fonctionnent pour tous.

Ces histoires et bien d’autres seront présentées dans un numéro spécial de la revue Climate and Development Journal consacré à l’IEG et dirigé par deux chercheuses de CLARE, Nitya Rao et Florence Kyoheirwe Muhanguzi, à paraître plus tard en 2026.

Contributrices et contributeurs : Shannon Sutton, agente principale de programme, programme CLARE, le CRDI et les partenaires CLARE de PALM-TREES, WOSFER, RURBANISE, SUCCESS et CLAPs. Cet article a été initialement publié ici.

Pour en savoir plus sur les projets:

Catégories

Pays

Piliers de CLARE

Thèmes de CLARE

Sujets de CLARE

Publié

Projets CLARE

Partenaires de CLARE

Partagez