Récit de changement : Renforcement des capacités en matière de services climatiques pour une adaptation inclusive au Malawi

Publié

Rédigé par Charles Vanya, James Pagona, Kristel Fourie, Edwin Tadeyo, Chance Muwama, Maynard, Nyirenda Elizabeth Kendall, François Engelbrecht, Luis Artur, Jeff Neal et Christel Prudhomme

Qu’est-ce qui a changé ?

Au Malawi, les autorités locales sont désormais en mesure d’exploiter plus efficacement les recherches climatiques pour soutenir une adaptation inclusive, grâce aux contributions du projet REPRESA. Le Département du changement climatique et des services météorologiques du Malawi (DCCMS) intensifie ses efforts pour rendre les services météorologiques et climatiques plus participatifs et plus ancrés dans les communautés, en s’appuyant sur les approches existantes et les contributions d’autres programmes. En ancrant davantage la prestation de ses services climatiques au niveau local et en la rendant plus inclusive, le DCCMS augmente les chances que les alertes précoces débouchent sur des mesures de protection prises en temps opportun lors d’événements météorologiques dangereux, en particulier au sein des communautés vulnérables.

Grâce à une interaction directe avec les communautés des districts exposés aux inondations et aux cyclones, le DCCMS a commencé à coproduire des messages d’alerte, à améliorer les boucles de rétroaction et à rendre les informations climatiques plus accessibles par le biais des langues locales et d’intermédiaires de confiance. Cela inclut des ateliers de traduction terminologique en anglais, en chichewa et en sena, qui sont allés au-delà de la simple traduction littérale des mots pour favoriser la compréhension et l’adhésion des communautés à des concepts tels que le cyclone tropical, l’intensité et les mécanismes de déclenchement. Le programme REPRESA a également soutenu la formation des responsables communautaires et des jeunes bénévoles à l’interprétation des alertes scientifiques en cas d’inondation, contribuant ainsi à faciliter l’intégration des savoirs traditionnels et des prévisions scientifiques, tout en accordant une attention particulière aux besoins des femmes, des personnes âgées, des jeunes et des personnes en situation de handicap.

Dans le cadre de sa participation au projet REPRESA, REPRESA a soutenu des formations sur l’interprétation de GloFAS, la cartographie des risques d’inondation et les dernières projections climatiques, ainsi que l’accès local aux projections climatiques à l’échelle du kilomètre et à la cartographie des risques d’inondation de REPRESA, sans oublier des formations sur les outils d’analyse. Ces activités ont contribué à rendre les informations climatiques plus pertinentes et exploitables pour les communautés vulnérables dont les moyens de subsistance sont fortement exposés aux aléas climatiques. Parallèlement, REPRESA a renforcé les relations institutionnelles du DCCMS avec des acteurs clés, notamment des instituts de recherche, des agences de gestion des catastrophes, des ONG et des responsables communautaires, contribuant ainsi à relier plus efficacement les connaissances scientifiques, les systèmes de communication et les mécanismes d’intervention locaux.

Pourquoi est-ce important ?

Les pays d’Afrique australe sont confrontés à des risques croissants liés aux cyclones tropicaux et aux inondations qui en découlent, lesquels gagnent en intensité et deviennent de plus en plus imprévisibles dans un contexte de changement climatique. Au Malawi, les districts méridionaux de Chikwawa et de Nsanje, qui comptent plus de 800 000 habitants, sont les plus exposés aux inondations provoquées par les cyclones tropicaux. Le renforcement des capacités du DCCMS en matière de gestion de ses services climatiques augmente les chances que des mesures soient prises en temps opportun pour faire face aux risques futurs, ce qui peut permettre d’éviter des pertes en vies humaines et la destruction des moyens de subsistance des populations vulnérables dans les zones sujettes aux inondations et touchées par les cyclones.

Ce renforcement des capacités est également important car il s’attaque aux principaux obstacles qui limitent l’efficacité de l’adaptation. Bien que la sensibilisation aux aléas soit souvent élevée, l’information ne débouche pas toujours sur des actions en raison de lacunes en matière d’accessibilité, de confiance et de facilité d’utilisation. Ces lacunes sont particulièrement marquées chez les populations marginalisées, qui sont souvent les plus exposées aux risques mais les moins à même d’accéder aux prévisions, de les interpréter ou d’agir en conséquence. En améliorant la communication de l’information et en renforçant la confiance, le DCCMS augmente les chances que les alertes donnent lieu à des actions concrètes. Le renforcement des relations du DCCMS avec les acteurs communautaires est également essentiel à une adaptation efficace, car les systèmes d’alerte précoce reposent sur la coordination entre les organisations chargées des prévisions, de la communication et de la réponse.

Quelle a été la contribution de CLARE ?

Le DCCMS a été sollicité en tant que partenaire clé du projet REPRESA, dont il a assuré la coordination nationale au Malawi. REPRESA a fourni un financement opérationnel et un soutien logistique qui ont permis au personnel du DCCMS de collaborer directement avec les communautés de Chikwawa et de Nsanje, favorisant ainsi une transition vers des services climatiques coproduits et adaptés au contexte local, tout en s’appuyant sur les contributions complémentaires de programmes tels que le programme Weather and Climate Information Services (WISER) Par ailleurs, REPRESA a renforcé les capacités techniques du DCCMS à fournir des prévisions localisées et axées sur les impacts grâce à des ateliers de formation, des exercices de simulation et l’accès à des ensembles de données et à des outils améliorés, ce qui a permis au personnel d’améliorer sa capacité à analyser les données climatiques et à les transformer en informations exploitables.

REPRESA a également soutenu des formations sur l’interprétation du GloFAS, la cartographie des risques d’inondation et les dernières projections climatiques, notamment l’accès local aux projections climatiques à l’échelle du km et à la cartographie des risques d’inondation de REPRESA, ainsi que des formations sur les outils d’analyse. Les ateliers de traduction terminologique ont constitué un exemple majeur de la contribution de REPRESA, axés sur la traduction de termes clés en anglais, en chichewa et en sena ; ceux-ci étaient essentiels car certains des termes clés utilisés dans les prévisions n’ont pas de traduction directe simple, mais sont indispensables pour aider les communautés à comprendre les alertes et à prendre ainsi les mesures appropriées.

Pour les membres de la communauté, le projet a mené des activités spécifiques de renforcement des capacités visant à améliorer la compréhension des informations climatiques et l’action qui en découle. Il a notamment organisé des ateliers destinés aux comités locaux, formé les responsables communautaires et les jeunes bénévoles à l’interprétation des alertes scientifiques en cas d’inondation afin de faciliter l’intégration des savoirs traditionnels et des prévisions scientifiques, mis en place une planification participative de scénarios et développé des outils de communication adaptés au contexte local. Grâce à des ateliers communautaires participatifs, le projet a créé des espaces structurés de collaboration entre chercheurs, acteurs gouvernementaux et communautés, renforçant ainsi une approche plus inclusive, fondée sur la confiance et la responsabilité en matière d’informations climatiques et de systèmes d’alerte précoce.

Dans l’ensemble, ce renforcement des capacités institutionnelles, techniques et relationnelles au sein du DCCMS, grâce à la contribution de REPRESA ainsi qu’à celle d’autres programmes et partenaires, a permis une adaptation au changement climatique plus inclusive et plus efficace, en particulier pour les communautés vulnérables exposées aux risques d’inondations et de cyclones.

Renforcement des capacités à Tengani
(Crédit photo : REPRESA Malawi)

À propos de REPRESA

Le projet REPRESA se concentre sur les impacts des cyclones tropicaux à Madagascar, au Malawi et au Mozambique. L’Afrique australe est extrêmement vulnérable aux impacts des cyclones tropicaux, comme l’ont montré des événements dévastateurs tels que le cyclone tropical Idai en 2019. Les systèmes d’alerte précoce existants dans la région sont insuffisants pour prévenir les pertes humaines et les difficultés économiques. REPRESA vise à combler cette lacune en améliorant les systèmes d’alerte précoce, en menant des recherches sur l’évolution des caractéristiques des cyclones et en élaborant des options d’adaptation pour renforcer la résilience.

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